“Twilight”
— lyrics translated by Jean-Yves Bart


“Through the Trees”—
lyrics translated by Jean-Yves Bart ...

Weightless Again Nous nous sommes arrêtés prendre un café dans la forêt de séquoias/Immenses feuilles ruisselantes/Cuillérées de lait en poudre/Je voulais t’embrasser, mais je ne savais plus comment faire/Comme ces indiens égarés dans la forêt tropicale, obligés de trimballer du bois qui brûlait partout où ils allaient/Ils avaient tous oublié comment faire du feu/C’est pour ça que les gens font des overdoses de pilules/ou se jettent du sommet du Golden Gate Bridge/N’importe quoi pour se sentir en apesanteur à nouveau/Ces pauvres indiens perdus – après avoir été retrouvés par les blancs, la plupart sont morts de la tuberculose/Les autres sont devenus fous/Dans notre chambre de motel, tu es allongé sur l’autre lit à lire Moby Dick en buvant du gin/Te souviens-tu de la première fois où nous avons couché ensemble ?/Tu avais dit que c’était comme apprendre à flotter/ C’est pour ça que les gens font des overdoses de pilules/ou se jettent du sommet du Golden Gate Bridge/N’importe quoi pour se sentir en apesanteur à nouveau

My Sister’s Tiny Hands Nous sommes venus au monde ensemble/Nos jambes entrelacées/Ma joue contre celle de ma sœur, nés comme des plantes grimpantes enchevêtrées/Nous vivions au bord de la rivière/Où les nuages noirs ne s’attardaient jamais/Le soleil se répandait comme du miel sur les petites mains de ma sœur/Mais un jour où nous ramassions des pommes sures/Parmi les herbes sauvages frémissantes/Ma sœur a trébuché dans les ronces et s’est fait mordre par un serpent/Chaque créature projette une ombre sous le doigt doré du soleil, mais quand le soleil disparaît derrière les herbes frémissantes, des ombres partent avec lui/Seul, je me suis mis à vider des bouteilles de whisky bon marché, à arpenter la forêt en tuant des serpents avec un bâton taillé/Mais j’entendais toujours son rire résonner parmi les herbes sauvages frémissantes/Je voyais toujours ses petites mains éclabousser le rivage scintillant /Alors j’ai pris un bidon à essence rouillé et une vieille pelle en fer/J’ai mis feu à la forêt et j’ai bouché la rivière avec des pierres/ Chaque créature projette une ombre sous le doigt doré du soleil, mais quand le soleil disparaît derrière les herbes frémissantes, des ombres partent avec lui

Stalled Les flocons tournoyaient au dessus de la route qui serpentait parmi les bois sombres où mon pick-up est tombé en panne/La neige tombait en sifflant, tapissant les vitres en blanc jusqu’à ce que les arbres disparaissent/Même si j’ai commencé à avoir froid et que j’étais loin du village, je suis resté là, assis dans l’obscurité

Where The Birch Trees Lean Maintenant que des pousses vertes éclosent sous les feuilles mortes/Et que des guêpes dodues flottent dans la brise/Les vagues embrassent le rivage et l’air est chaud/Mais les bouleaux tombent depuis que tu es partie/Autrefois, nous marchions sur les falaises croulantes parmi les bouleaux penchés/J’embrassais tes lèvres de pomme, nous surplombions la mer/Voici un an que le dernier trèfle a fleuri/Je t’attendais sous les bouleaux qui craquaient/Nous nous embrassions sous les arbres penchés dans l’air salin/Leurs fines et blanches branches se courbaient vers la mer/ Autrefois, nous marchions sur les falaises croulantes parmi les bouleaux penchés/Qui désormais embrassera tes lèvres de pomme sous cette mer de sel ?

Cathedrals La cathédrale de Cologne ressemble à un vaisseau spatial/A la main de Dieu descendue tout droit du ciel/Un millier de saints de pierre y sont suspendus comme des stalactites/Mais il ne faut pas un millier d’années aux stalactites pour mourir/Et tous ceux qui ont bâti cette cathédrale, voire tous ceux qui sont simplement passés devant une fois/Tous sont balayés comme des miettes de pain/Quel réconfort nous apportent les immenses clochers qu’ils nous ont laissés ?/Il y a un château en plastique au Wisconsin/Où les enfants font du kart autour des douves/Nous y sommes allés une fois en décembre/Lorsque tous les toboggans et les baraques à friandises avaient fermé/Nous espérions ressentir de l’amour sous les stalactites/Mais on n’a fait que picoler dans un bar vide/Mais en rentrant à la chambre de motel en titubant/Je suis tombé contre toi et j’ai senti ton cœur battre/La neige tombait doucement sur la machine à glaçons/Et la lune diffusait une lumière diaphane entre les pins/Mais des chaises longues avaient été jetées dans la piscine vide/Et un chien attaché à un arbre hurlait au ciel

Down In The Ground Je n’ai pas peur quand tu me demandes de descendre/L’escalier du sous-sol de la maison/Sous terre, sous terre/Les vaches blanches boitent, le chien noir aboie/Les criquets hurlent, de la fumée s’échappe de la grange/Comme un serpent qui avale une souris dans un champ/Comme une dorade qui a mordu à l’hameçon/Pleurez les petits trains égarés dans la neige/Pleurez les chevreuils morts encerclés par les corbeaux/Tu m’appelles doucement à descendre dans le noir/Là où les vers rouges tournoient comme des requins/Sous la boue noire, dans le calme de ta demeure/Tu m’as préparé un coin pour m’allonger/Une maison dans les rochers où sont noyés les chagrins/Vieillards et nouveau-nés s’y taisent

The Giant of Ilinois Le géant de l’Illinois est mort d’une ampoule à l’orteil/Après avoir marché toute la journée dans les premières neiges de l’hiver/Il jetait des morceaux de pain rassis aux dernières tourterelles/Et n’a même pas senti sa chaussure se remplir de sang/La douleur l’a rendu délirant, les murs de sa chambre se sont mis à rougeoyer et il a pris son envol parmi les flocons/Et le ciel dessinait les bras d’une femme/A l’école un garçon au pied bot s’était assis à côté de lui/Un beau jour d’été ils sont allés explorer les bois/Ils ont avisé un cygne endormi sur les rives d’un ruisseau boueux/Et l’ont pilonné de pierres jusqu’à ce qu’il s’effondre dans les roseaux/Ils se sont allongés sur une pelouse le ventre plein de chocolat et de limonade/Mais sous l’océan de bleu le géant a pris peur/Car le ciel dessinait les bras d’une femme

Down in the Valley of Hollow Logs Au fond de la vallée des troncs creux, deux amants étaient allongés dans l’herbe/Pris dans la toile de leurs bras moites, à l’abri du vent qui soufflait dans les arbres/« Mon amour », dit le garçon, « tu es le ciel bleu sans nuages, tu es l’air dont je me nourris pour respirer »/« Je te sens couler à travers mes veines comme le vent virevolte entre les arbres »/ « Mon amour », dit la fille, « tu es mon bijou secret, tu es un chapelet de petites perles de verre »/ « Tu es une étoile ardente que je garde dans un bocal à l’abri du vent qui souffle dans les arbres »/Au fond de la vallées des troncs creux ; deux amants étaient allongées dans l’herbe/A écouter le cri des chiens de chasse et le vent hurler dans les arbres/Soudain les insectes ont détalé vers les taillis tandis que le vent emplissait l’air de feuilles mortes/Et chaque pierre a mordu la poussière car le vent se déchaînait entre les arbres/La jeune fille a transpercé sa poitrine blanche comme neige, son sang s’est répandu dans les herbes sombres/Un poignard argenté planté dans son cœur ardent, froid comme le vent dans les arbres/Le garçon a ramassé le couteau ensanglanté et se l’est enfoncé dans le buste/ « Adieu, adieu au vent et aux arbres. Que je meure avec celle que j’aime plus que tout »

I Fell Au nord de Winnipeg se trouve une montagne ensevelie sous la glace/Des nuages noirs y survolent les pins blancs qui craquent comme du verre/Je marchais sous ces arbres oscillants, aux branches courbées par la glace/Souhaitant qu’un d’eux me tombe dessus, me cloue dans la neige/Cette forêt argentée m’a fait penser à toi, quand je t’ai embrassée et que je suis tombé au fond d’un puits/Au bout d’une piste terre à l’ouest d’El Paso, derrière une grange qui brûlait/ J’ai trouvé des ossements de cheval décolorés par le sable/Mais lorsque je me suis baissé pour toucher le crâne/Sous ma main, un flot de lézards oranges s’est échappé de sa gueule blanche/Cette gueule vide m’a fait penser à toi, quand je t’ai embrassée et que je suis tombé au fond d’un puits

The Woman Downstairs C’est à Chicago que la dame du bas s’est laissée mourir en arrêtant de s’alimenter l’été dernier/Son copain Ted pleurait en bouffant des hot-dogs en compagnie des rats gris de l’escalier de secours/Assis dans un fauteuil d’occasion, je buvais des packs de bière et je rêvais de m’allonger sur les voies du L/Les métros passaient en rugissant sous un ciel gris fumé/Le lac Michigan s’élevait et retombait comme un oiseau/Et quand le vent s’engouffrait vrombissant sur Ashland Avenue/Les bars aux angles des rues étaient remplis dès midi/Et les vieux pochards qui tombaient de leurs tabourets/Mangeaient des œufs durs et donnaient de la bière à boire aux chiens/La dame du bas a perdu tous ses cheveux ; elle portait un béret dans la buanderie/Je lui ai emprunté du savon et acheté un Coca/Mais elle l’a oublié sur le sèche-linge/Elle pesait 37 kilos à sa mort en 82 ; son copain est reparti à New York/Les flics ont arpenté son appart poussiéreux. L’un d’entre eux a volé sa télé.

Last Night I Went Out Walking Hier soir je suis sorti faire un tour à la lisière de la ville/Nulle part en particulier, seulement pour me promener/Je me suis trouvé face à une rivière ; j’ai pensé à ce que tu as dit/Et ces mots me revenaient sans cesse à l’esprit/Tu as dit que j’ai changé et que je ne riais plus jamais/Mais je ne me souviens pas de la dernière fois où tu as souri et cela me déchire/Je voudrais accourir et te dire ce qui me passe par la tête/Mais je ne pense pas que tu en croirais un seul mot/L’eau de la rivière est si fraîche, elle lave ma peau brûlante/Elle emmène toutes mes pensées douloureuses et me purifie des mes pêchés/Que l’eau s’écoule encore, qu’elle m’emporte, que je dorme le sommeil du juste/Et qu’elle ramène mon corps vers toi – pour que tu gardes mon amour pour toujours.

Bury Me Here Au bout de cette route embrumée, les mille-pattes rampent lentement, des mûres charnues tombent, et le sol est sombre comme du sang/Au bout de cette route embrumée, la lune brûle rouge comme une flamme, les herbes ploient sous la pluie, et les chiens sont emportés par le déluge/Enterre-moi ici, dans la brume argentée/Enterre-moi ici, avec les araignées et les poissons/Au bout de cette route embrumée, les ours bruns se recroquevillent pour dormir, la sève coule doucement des arbres, et le soleil ne se lève jamais.

My Ghost Mon fantôme fait des tours en voiture avec un sac de poissons morts ; des neutrinos chutent parmi les arbres/Il chancelle, titube, dépense tout ce qu’il peut d’argent et bouche les toilettes avec des flacons de médicaments/Ici, dans le service des bipolaires/Si on se douche on a le droit à une étoile dorée/Mais je n’irai pas bien loin tant que le Haldol n’aura pas fait effet/En attendant, je suis attaché à ce putain de lit/Et on ne me donnera pas de cookies ou de thé/avant que j’arrête de citer Nietzsche, de me laver les dents et de me peigner/Les jours s’écoulent lentement en pantoufles et en peignoir/Mais mon fantôme continue de tambouriner sur le toit/Tel Jean le Baptiste sous la pluie/Pendant que les infirmières jouent au huit américain





“Twilight”— lyrics translated by Jean-Yves Bart

The Snow White Diner Je suis en train de manger des galettes de pomme de terre au Snow White
Diner/Dehors, des voitures klaxonnent, il y a des gyrophares sur le pont/Ils remontent une voiture
du fond du lac gelé/Une femme a plongé dans l’eau noire dans sa Saturn/Elle s’est tuée avec ses
deux enfants attachés à l’arrière/Elle avait perdu son travail et ne voulait pas que ses enfants soient
pauvres/Le restaurant est bruyant, café noir sucré, paniers de petits pains/Dehors la foule s’épaissit ;
ils attendent près du pont roulant/Espérant voir le visage de la défunte/Dans le box à côté de moi il
y a deux vieilles dames/qui mangent du foie de veau aux petits oignons/Elles rigolent trop fort et
cognent le dessus de la table/Mais sur ce, je me rends compte qu’elles sont sourdes/J’ignore
pourquoi elles rient comme ça/Peut-être que le monde est bien plus beau quand on n’entend pas les
voitures/Grâce à elles je me sens mieux, comme lorsque j’ai bu pendant un vol/Et oublié que j’avais
peur de l’avion

Passenger Pigeons Depuis que tu as déménagé, je vis dans le parc/Je préfère parler au vent que
rester dans un appartement vide/Je voudrais pouvoir oublier les milliards d’oiseaux venus/Peupler
mon coeur vide et moribond la première fois que je t’ai touché ton bras/Autrefois il y avait un
milliard de pigeons voyageurs/Si nombreux à nous survoler qu’ils obscurcissaient le ciel/Mais ils
ont été matraqués, abattus, enfermés dans des filets, gazés, brûles/Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien
que des kilomètres de nids vides/Je n’arrive pas à croire qu’un milliard d’oiseaux puisse disparaître
si facilement/Le parc est vide désormais, il fait si froid/Et tous les pédalos sont recouverts de
neige/Il fait nuit de nouveau, les lampadaires s’allument/Mais je reste assis ici à boire de la bière
gelée/Et à jeter des chips sur les blanches congères/Au cas où un oiseau décide de passer par ici
cette nuit/Je n’arrive pas à croire qu’un milliard d’oiseaux puisse disparaître si facilement

A Dark Eye Dans le parking où j’attendais seul, un oiseau blanc était endormi sur une cabine
téléphonique cassée/Puis est venu un scarabée qui traînait une mouche verte sous une voiture garée
avant de disparaître de ma vue/Et j’ai senti un oeil obscur m’observer, comme si la terre avait des
yeux/Un oeil obscur s’est tourné vers moi/Dans ce parking, autrefois une prairie verdoyante, où les
bisons fuyaient dans les herbes hautes/J’ai entendu un gémissement des entrailles de la terre, là où
les conduites d’égouts serpentent autour d’ossements d’indiens/Dans ce parking, les voitures
cuisent au soleil ; un peu plus loin dans la rue retentit le déclic d’une arme/J’ai contemplé une
fourmi rouge qui remontait ma jambe, et je me suis senti si triste jusqu’à ce qu’elle me morde la
peau/Un oeil obscur s’est tourné vers moi

There Is a Sound Il y a un son semblable à celui du verre qui se brise/Quand l’eau tombe sur
l’herbe mourante/Il y a un son, un chant de la mer/Et des sacs de plastique accrochés aux arbres/Il y
a un son plaintif qu’émettent tous les bâtiments/Juste avant la lumière du matin/Le son silencieux
qui flotte dans l’air/Quand les avions sont tombés du ciel/Il sommeille dans les lampes
fluorescentes/De salles d’attente aux murs blancs/Et tard dans la nuit, lorsque tu dors/Il te poursuit
dans tes rêves

All The TVs in Town On ne voit pas les étoiles au-dessus des buildings en ville/Mais parfois l’air
brille comme de l’or sous le halo jaune des lampadaires/Les psychotiques dans le parc qui hurlent à
la lune/Et les avions silencieux qui tracent un lent sillon/Parfois tout cela semble s’illuminer aussi
fort que la lumière de toutes les télés de la ville/Mais quand je me réveille terrorisé pendant les
calmes nuits d’été/Quand l’air s’enroule comme des serpents autour des néons/On dirait qu’il n’y a
rien d’autre au bord de ces routes cabossées/Que des lumières qui clignotent sur des poteaux
métalliques grinçants/Comme un millier d’yeux en pleurs/Qui versent des larmes dans la lumière de
toutes les télés de la ville

Gravity Un aveugle entend les voix des anges/Il les entend murmurer dans les pommes de terre/Et
dans les feuilles enroulées des plantes en fleur/Et dans le sillage sinueux des fourmis rampantes/Il
reste debout dehors/A écouter la lumière des étoiles qui traversent le ciel/Car la gravité n’est pas la
seule force à l’oeuvre dans ce monde/Comme les bombyx disparates et les gendarmes/Qui tournent
autour des ampoules allumées/L’aveugle rêve d’être emporté au loin/Dans l’obscurité du cosmos/Et
lorsqu’il arpente les rues de la ville/Il saupoudre les trottoirs de noyaux de pomme/Car la gravité
n’est pas la seule force à l’oeuvre dans ce monde

Cold, Cold, Cold Froid, froid, froid, comme le vent froid souffle/Le long de la route 5 se trouve un
champ/Où parfois les gens disparaissent de nuit/C’est le seul chemin pour rentrer chez moi/A
travers les vastes prairies recouvertes de poudreuse/ Froides, froides, froides, comme le vent froid
souffle/Je me trouvais à mi-chemin un matin gelé/Lorsqu’elle est apparue au bord du chemin/Une
femme qui pleurait dans la neige glacée/Dont les cheveux noirs volaient au dessus de la route/
Froids, froids, froids, comme le vent froid souffle/Je me suis garé sur la bande d’arrêt d’urgence et
elle est tombée dans la neige/Mais quand je suis sorti de ma voiture dans le vent glacé/Elle s’est
éloignée dans un tourbillon de froid/A travers les rangées gelées des champs/ Froids, froids, froids,
comme le vent froid souffle/Mais j’entendais ses hurlements, j’entendais ses râles/Elle m’appelait
dans la neige tourbillonnante/Lorsque je me suis retourné pour rejoindre ma voiture/Rien ne
m’attendait, si ce n’est ses bras gelés/ Froids, froids, froids, comme le vent froid souffle

No One Fell Asleep Alone J’ai vu une biche claudiquante traverser le parking du supermarché/Hier
soir en rentrant du travail/Des vieillards endormis par terre/Des immeubles abandonnés emplis de
fumée/Des enfants qui sautaient du toit/Des voitures dans des fossés pissant du sang/Des rivières
pleines d’insectes en train de se noyer/Mais alors que le soleil retombait entre les immeubles
penchés et la rue/Ce moment est arrivé, entre chien et loup/Nimbé d’une douce lumière dorée/La
rue sinueuse était baignée de cet éclat/Et personne ne s’est endormi seul/Personne ne s’est endormi
seul/Personne ne s’est endormi seul

I Know That You Are There Lorsque l’étreinte de la mort se resserre/Et que les eaux noires
rugissent et écument/Lorsque la peur et les tremblements me saisissent/Et l’emprise vaseuse
m’attire vers le fond/Je sais que tu es là/Lorsque la faible lueur des étoiles tombe/Et que le chagrin
emplit mon coeur/Lorsque la rosée goutte si tendrement/Sur la pelouse verte à l’aube/Je sais que tu
es là/Je sais que tu es là/Je sais que tu es là/Lorsque des poissons noirs se meuvent dans des étangs
argentés/Où poussent les nénuphars jades/Lorsque les démons dansent autour de moi/A la lueur de
folles flammes/Je sais que tu es là/Lorsque les merles bleus chantent doucement/Et volètent parmi
les nuages qui défilent lentement/Lorsque les chouettes blanches m’entourent en hurlant/Et que ma
bouche est pleine de graviers/Je sais que tu es là/Je sais que tu es là/Je sais que tu es là/

Birds You Cannot See Il y a des oiseaux dans l’obscurité qui éteignent les incendies
électriques/Qui se déclarent dans les maisons de retraite et les chambres des aveugles/Des oiseaux
qu’on ne voit pas/Il y a des oiseaux dans l’obscurité qui nichent dans les béquilles en bois/Dans les
cache-oeils et les bandages, les colonnes vertébrales cassées/Des oiseaux qu’on ne voit pas/Des
oiseaux qu’on ne voit pas/Perchés dans tous les arbres/Qui tombent des placards/Et se posent sur les
mains des mourants/Il y a des oiseaux dans l’obscurité qui éloignent les chiens perdus des
autoroutes/Qui guident les bateaux parmi les icebergs et sauvent les enfants tombés dans des
puits/Des oiseaux qu’on ne voit pas/Il y a des oiseaux dans l’obscurité que voient les patients
atteints de tumeurs/Dont les plumes dessinent des halos bleus autour des lumières de leurs
chambres/ Des oiseaux qu’on ne voit pas/Des oiseaux qu’on ne voit pas/Perchés dans tous les
arbres/Qui tombent des placards/Et se posent sur les mains des mourants

White Dog La nuit dernière ma fenêtre s’est ouverte à la froide brise de l’hiver/Et depuis la forêt
noire, un chien blanc m’a dévisagé/Il était assis dans les branches, avec ses yeux jaunes éclatants/Et
il grognait doucement parmi les pins noirs tremblants/Chien blanc, chien blanc, dis-moi où se
trouve la porte/Qui mène par delà le lac de feu au rivage argenté/Je suis tombé de ma fenêtre dans la
brise noire et tourbillonnante/J’ai pénétré dans la forêt noire et les feuilles recouvertes de givre/Je
suis descendu à travers les branches, à travers les arbres blancs ondulants/Je suis descendu encore
jusqu’à tomber sur l’embouchure de la mer/ Chien blanc, chien blanc, dis-moi où se trouve la
porte/Qui mène par delà le lac de feu au rivage argenté

So Long Adieu à mon chien Snickers, qui a mangé les guirlandes de Noël/Adieu à M. Moustaches,
qui a sauté par la fenêtre/ et à la famille de gerbilles qui ont rongé les barreaux de leur cage, et au
petit lapin blanc que j’ai écrasé sans le faire exprès/Adieu, adieu, rendez-vous de l’autre côté/Adieu
aux poissons rouges qui se sont mangés la queue/Adieu au tamia coincé sous l’escalier/Adieu au
buisson de roses que je n’ai jamais arrosées et à quiconque était à l’intérieur de ce trou que j’ai
recouvert de briques/Adieu, adieu, rendez-vous de l’autre côté/Adieu à la mouette sur laquelle j’ai
lancé une pierre/Adieu à l’écureuil touché par une de mes balles perdues/Et à tout ce que j’ai brûlé
avec ma loupe pendant le long été solitaire de mes dix ans/Adieu, adieu, rendez-vous de l’autre côté

Peace in the Valley Once Again Une fois le dernier centre commercial fermé, les grillons
chantèrent dans ses murs croulants/Les termites s’attaquèrent aux portes, les lapins gambadèrent
parmi les pièces/Les étals vides furent livrés aux essaims d’abeilles, des herbes sortirent des
distributeurs automatiques/Les lézards arpentèrent le parking, les hirondelles volèrent dans les
boutiques vides/Et la paix revint dans la vallée/Des plantes poussèrent sur les mannequins et
recouvrirent leur peau de feuilles/Leurs yeux en plastique tombèrent à terre et furent emmenés par
des sangliers/Tous les miroirs furent brisés par le galop des chevaux sauvages/Et les tourterelles
tristes bâtirent des nids sur les marches des escalators/Et la paix revint dans la vallée

Microsoft Word - Through The Trees.docx